Locales - Reims L’Union du 12 février 2007

 

Les jardiniers se font remonter les bretelles

 

Lors de l'assemblée générale de la fédération des jardins familiaux de la communauté d'agglomération, on a beaucoup parlé « discipline ». Le président ne badine pas avec l'intérêt général !

 

 

 

Le président Klodawski a prévenu : l'indiscipline conduit à l'exclusion. Les «jardiniers familiaux» ont écouté religieusement les reproches qui sont faits à certains en matière de discipline. Les jardins familiaux sont très demandés. Le président veille à ce que ceux qui en bénéficient les respectent.

 

 

C'est dit gentiment, mais il ne faut pas plaisanter quand le président de la fédération des jardins familiaux de l'agglomération rémoise, Didier Klodawski, parle de « discipline ». Surtout devant M. le maire. L'assemblée générale des « Jardins familiaux » a donc été largement employée par le président Klodawski pour lancer des rappels au « règlement intérieur ». Les contrevenants ont été prévenus : l'indiscipline conduit à l'exclusion.

 

Pour appuyer ses propos, Didier Klodawski a égrené une liste de faits répréhensibles commis par une partie des 250 jardiniers qui bénéficient d'un carré de terrain appartenant à la collectivité.

 

Premier exemple avec ce jardinier qui, voyant son voisin « démissionner » des « Jardins familiaux » déracine l'arbre fruitier du voisin et le transplante dans le sien. Deuxième exemple avec cet autre qui laissait son « Rottweiler » divaguer sans laisse et sans muselière dans l'espace commun : après un rappel à l'ordre et le même laxisme, l'homme et le chien ont été exclus.

 

Exclusion

Autre exemple avec ce troisième qui a subtilisé 10 tonneaux et des fleurs chez ses congénères. Exclusion immédiate. « On croyait que c'était les nomades : eh bien non, c'était l'un des nôtres », se désole le président.

 

Quatrième exemple avec celui-là, à qui il a été demandé de se conformer au règlement. Il est allé se plaindre à la mairie. Comme il a essuyé une fin de non-recevoir, il est parti en prenant soin de tout saccager dans son jardin. « C'est le record » s'étrangle le président. Et l'on ne parle pas de tous les petits arrangements qui perturbent la vie collective. Le plus grave étant l'allumage de feux alors que c'est formellement interdit. « Surtout le long de l'autoroute. S'il y a un accident, les gendarmes viendront vous chercher », prévient Didier Klodawski. A tous ceux que cette application stricte du règlement indispose, le président comme le maire ont recommandé de ne pas venir se plaindre en mairie. Cette dernière a confié aux associations la (bonne) gestion des terrains de jardins familiaux. C'est donc à ces associations de régler tous les problèmes en interne, ont insisté les deux responsables. Autre préoccupation : l'environnement. La plupart des jardins étant répartis dans des zones proches de la Vesle ou des champs captant d'eau potable, le président Klodawski demande inlassablement aux jardiniers d'éviter l'emploi de produits phytosanitaires qui descendent ensuite dans les nappes phréatiques. D'autant qu'avec l'évolution du climat, les périodes de sécheresse s'accentuent et favorisent la concentration des produits.

 

Sur le plan financier, la fédération des associations a dû racheter trois abris de jardins qui ont été volés. Cette dépense imprévue a « mangé » le bénéfice de l'année précédente et fragilisé la trésorerie, le budget atteignant seulement les 27.000 €. La Ville verse 41 % de cette somme sous forme de subvention, l'autre source de recettes étant constituée par les cotisations des « jardiniers ».

 

J.-F. Scherpereel

 

Rappel : Les jardins familiaux de l'agglomération rémoise ont été les seuls en France à être récompensés en 2006 pour le fleurissement.

 

 

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